Favoriser une transition énergétique inclusive grâce aux micro, petites et moyennes entreprises
Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) sont le principal moteur de la croissance économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN). La transition vers une économie verte représente à la fois une nécessité environnementale et une possibilité économique importante pour la région. Cependant, sans un accent intentionnel sur le genre, cette transformation risque de renforcer les inégalités existantes, plutôt que de les démanteler.
Les femmes de la région restent sous-représentées dans l’emploi, le leadership et l’entrepreneuriat, en particulier dans les secteurs de l’énergie propre et des MPME, qui sont essentiels à la transition verte. Afin de combler cette lacune, le Forum sur la recherche économique, avec le soutien du CRDI, fournit la première synthèse d’enquête de base dans six pays de la région MOAN — le Maroc, la Jordanie, l’Égypte, la Tunisie, le Liban et le Soudan – en soulignant à la fois les défis communs et les contextes propres à chaque pays.
La participation des femmes à la population active dans la région n’est que de 18,8 %, l’un des taux les plus bas au monde, même si de nombreuses femmes atteignent un niveau d’éducation égal ou supérieur à celui des hommes. Cela signifie que leurs compétences sont négligées, reflétant non seulement les disparités entre les genres, mais aussi des possibilités économiques manquées, en particulier dans les industries vertes. Dans le domaine des énergies renouvelables, seulement 7 à 9 % de la main-d’œuvre de la région MOAN sont des femmes, comparativement à 32 % dans le monde. La recherche financée par le CRDI montre pourquoi les femmes devraient être considérées non seulement comme des bénéficiaires passives, mais aussi comme des moteurs actifs de la croissance économique verte, en particulier dans les MPME.
Faits saillants
- La participation des femmes à la main-d’œuvre dans le secteur des énergies renouvelables au Moyen-Orient et en Afrique du Nord varie de 7 à 9 % seulement, ce qui est nettement inférieur à la moyenne mondiale de 32 %, bien que les femmes aient souvent atteint un niveau d’éducation égal ou supérieur à celui des hommes dans la région.
- La région est confrontée à un déficit de financement de 88 % pour les MPME dirigées par des femmes, l’écart le plus élevé au monde. Cela limite la capacité des femmes à démarrer, à développer et à maintenir des entreprises vertes, en particulier dans les sous-secteurs de l’énergie à plus forte valeur ajoutée.
- Dans le secteur de l’énergie, à peine 11 % des personnes qui fondent des entreprises sont des femmes, contre 20 % dans tous les secteurs (exception faite des biens de consommation).
Impacts climatiques et inégalités entre les genres
Les effets des changements climatiques dans la région, tels que la pénurie d’eau, les vagues de chaleur et l’insécurité alimentaire, touchent davantage les femmes puisqu’elles ont déjà moins accès aux ressources, aux finances et aux espaces de prise de décisions. Cette recherche situe l’égalité des genres dans des cadres d’action plus larges pour le climat, montrant que le leadership des femmes et l’entrepreneuriat sont essentiels pour une transition énergétique juste et inclusive.
En liant l’égalité des genres à l’adoption d’énergies propres, à la croissance des MPME et à la résilience climatique, la recherche met en évidence la façon dont ces domaines travaillent ensemble pour le développement durable et soutient la nécessité de politiques sensibles au genre.
Combler le manque de données : Un effort de recherche régional
L’étude utilise cinq ensembles de données d’enquête comparables et six ensembles de données d’entretien propres à chaque pays, ce qui contribue à combler une lacune majeure dans les données sur les MPME, la transition énergétique et le rôle des femmes. Alors que d’autres régions à revenu faible et intermédiaire mènent des recherches sur l’énergie axées sur le genre, la région MOAN manque encore de ressources, en particulier en ce qui concerne le rôle des femmes dans l’économie informelle et l’entrepreneuriat énergétique à petite échelle. Cette recherche compile des données fragmentées, cerne les lacunes dans les connaissances et propose des domaines ciblés pour une enquête plus approfondie afin de permettre la participation des femmes à des rôles plus avancés, des emplois qualifiés mieux rémunérés et des domaines plus rentables du secteur des énergies renouvelables.
Une voie à suivre
Comme l’a expliqué le chercheur principal du projet, Atif Kubursi, pour passer de l’intention à l’impact : « [l]e véritable défi consiste maintenant à surmonter les obstacles, à accéder au financement, à construire l’infrastructure requise, à développer les compétences nécessaires, à dynamiser le secteur privé grâce à la l’engagement des MPME, ainsi qu’à harmoniser des politiques publiques et des systèmes de gouvernance afin d’accélérer et d’approfondir la transition.
Contributeur : Khalid Ghozlani, Administrateur de programme principal, CRDI
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