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Comment l’Initiative des conseils subventionnaires de la recherche scientifique (ICSRS) contribue à la mise en œuvre d’un programme de recherche qui profite à la population de l’Afrique

 

Dans le cadre d’une initiative visant à soutenir les partenariats public-privé dans la recherche, le Conseil national ougandais pour la science et la technologie (UNCST) a soutenu le développement de TECHNOMART, une passerelle en ligne pour le jumelage technologique. TECHNOMART sert de plaque tournante pour la communauté de recherche, les responsables des investissements, le monde de l’entrepreneuriat, les personnes qui font des investissements en capital de risque et les autres parties prenantes intéressées par la commercialisation de nouvelles technologies. Il aide également à établir des liens entre les secteurs privé et universitaire, en encourageant l’entrepreneuriat dans le domaine de la technologie et la collaboration au sein de l’ écosystème de la science, de la technologie et de l’innovation de l’Ouganda. Ce développement a été réalisé grâce à deux subventions du CRDI en 2020 et en 2023 dans le cadre de l’Initiative des conseils subventionnaires de la recherche scientifique pour l’Afrique subsaharienne (ICSRS), qui aide les conseils de toute l’Afrique à financer des recherches de haute qualité qui s’alignent sur les priorités nationales de développement.

Parallèlement, l’UNCST a cherché à examiner ses projets dans une optique de genre et d’inclusion, en examinant les tendances de son financement de la recherche afin de cerner les lacunes et les possibilités en termes de qui fait la science et qui en profite. Ce travail a conduit à la mise sur pied du premier comité de l’UNCST sur l’égalité des sexes et à l’élaboration de la politique institutionnelle de l’UNCST en matière de genre, qui est devenue un pilier de l’intégration de l’égalité des genres dans les activités courantes de l’UNCST. L’Human Sciences Research Council (HSRC), qui travaille par l’intermédiaire de l’ICSRS pour aider les conseils à mieux soutenir la science inclusive, a appuyé cet effort au moyen  d’activités de mentorat et de formation. 

Faits saillants

  • Le développement de TECHNOMART en Ouganda soutient les partenariats public-privé dans la recherche et le jumelage technologique afin de promouvoir l’entrepreneuriat et la collaboration au sein de l’écosystème de la science, de la technologie et de l’innovation de l’Ouganda. 

  • L’Initiative des conseils subventionnaires de la recherche scientifique en Afrique subsaharienne (ICSRS) a contribué à renforcer la capacité des conseils subventionnaires africains à développer, à financer et à gérer des recherches menées localement qui profitent à la population africaine, en comblant les lacunes dans le paysage du financement, en promouvant les partenariats et en faisant progresser l’égalité des genres. 

  • Il est important d’accroître les ressources disponibles pour les conseils scientifiques africains afin d’améliorer la visibilité et de promouvoir des partenariats Nord-Sud plus équitables dans le domaine de la recherche. 

Un nouveau modèle pour transformer le paysage africain du financement de la recherche 

L’expérience de l’UNCST n’est en aucun cas unique. Le CRDI travaille avec un groupe de 17 conseils subventionnaires africains afin de renforcer leur capacité à élaborer, à financer et à gérer des recherches pertinentes dirigées localement qui profitent à la population africaine. S’appuyant sur sa longue tradition de soutien aux systèmes scientifiques, le CRDI a lancé l’ICSRS en 2015 en réponse aux lacunes du paysage scientifique africain qui demeurent pertinentes aujourd’hui. En particulier, le manque de structures de financement continue de limiter le développement de la recherche et de l’innovation à l’appui des objectifs prioritaires nationaux, comme la transparence et l’efficacité des instruments de financement, l’établissement de partenariats entre les pays et avec le secteur privé, et le recours à la recherche pour faire progresser l’égalité des genres et bénéficier aux communautés marginalisées. L’ICSRS a amélioré la gestion et la gouvernance de la recherche dans ces pays, comme le souligne une récente évaluation externe de l’initiative. 

L’ICSRS est axée sur la demande et permet aux conseils nationaux d’établir leurs priorités en matière de renforcement des capacités, d’apprentissage par les pairs, de réseautage et de soutien à la recherche. Grâce au financement du CRDI, du Foreign, Commonwealth and Development Office du Royaume-Uni, de l’Agence norvégienne de coopération au développement, de la National Research Foundation d’Afrique du Sud et de l’Agence suédoise de développement international, de nouveaux conseils ont été mis sur pied dans des pays comme la Sierra Leone et le Botswana, tandis que des conseils plus établis tels que la Commission pour la science et la technologie de la Tanzanie et le Fonds pour la science, la technologie et l’innovation de la Côte d’Ivoire sont en voie de devenir des chefs de file nationaux et régionaux. Les pays participants à l’ICSRS sont de plus en plus en mesure de négocier et de mettre en œuvre des partenariats de recherche à fort impact avec d’autres pays d’Afrique, ainsi qu’avec des donatrices et donateurs des pays du Nord. Ils ont mis au point de nouveaux systèmes de gestion des subventions, aidé à concevoir et à mettre en œuvre des politiques scientifiques et technologiques visionnaires alignées sur les priorités de développement, et sont maintenant des partenaires de choix pour des organisations telles que la Fondation Bill & Melinda Gates et l’Agence japonaise pour la science et la technologie. 

De la recherche menée par le Nord à la recherche menée par l’Afrique 

Dans l’esprit de la décolonisation, les secteurs du développement et de la recherche reconnaissent la nécessité d’une appropriation et de connaissances locales pour éclairer et déterminer les choix politiques appropriés. De nouveaux principes ont été adoptés dans le monde entier, notamment la Charte africaine pour une collaboration en matière de recherche transformatrice, les principes du World Resources Institute et l’Initiative de Bridgetown — pour soutenir la production et le financement d’une recherche efficace, équitable et dirigée localement. Cependant, une véritable transformation de la recherche mondiale nécessite de reconnaître que les conseils subventionnaires des pays du Sud sont les mieux placés pour développer, financer et gérer la science et l’innovation pour les pays du Sud. Lorsque le Zimbabwe et le Botswana collaborent à la recherche en métallurgie et en nanotechnologie, ou que la Côte d’Ivoire finance le développement de nouvelles technologies pour l’agriculture, nous voyons cette vision en action. 

Pourtant, il reste encore du travail à faire, comme l’illustre le fait que la plupart des pays africains n’ont pas encore respecté leur engagement de consacrer 1 % de leur produit intérieur brut à la recherche et au développement. Dans un récent examen de la stratégie du continent en matière de science, de technologie et d’innovation, l’Union africaine a souligné l’importance des structures et des initiatives de financement nationales telles que l’ICSRS pour réaliser « l’Afrique que nous voulons » d’ici 2063 . Les pays participants à l’ICSRS ont la possibilité de continuer à montrer la voie en matière d’information et de mise en œuvre des futures politiques régionales en matière de science et de technologie. En tant que tels, les efforts de l’ICSRS en vue de mobiliser des ressources supplémentaires pour les conseils scientifiques africains doivent être redoublés, en particulier en ce qui concerne sa visibilité et son engagement dans les forums de recherche mondiaux. Les établissements du Nord dominent toujours le développement de la recherche et, même lorsqu’ils collaborent, trop de partenariats Nord-Sud continuent d’être dictés par les priorités des bailleresses et bailleurs de fonds du Nord, qui diffèrent souvent des priorités nationales de développement dans les pays du Sud et des stratégies organisationnelles à long terme des universités, les groupes de réflexion ou les conseils subventionnaires. 

On ne saurait trop insister sur l’importance de travailler avec les conseils subventionnaires des pays du Sud et d’investir dans ceux-ci. Le parcours de l’ICSRS souligne la nécessité pour les conseils, les donatrices et donateurs internationaux et les autres parties prenantes de faire progresser les efforts visant à donner la priorité à la recherche pertinente à l’échelon local. Cet objectif peut être atteint en continuant de plaider en faveur d’un financement national accru, en promouvant la visibilité des conseils du Sud dans le paysage mondial de la recherche, en développant une plus grande collaboration Sud-Sud et en faisant pression pour des partenariats Nord-Sud plus équitables. Cela implique de changer fondamentalement la façon dont les donatrices et donateurs du Nord collaborent avec les partenaires du Sud, comme les conseils subventionnaires, dans l’élaboration conjointe de programmes de recherche et la transformation des systèmes scientifiques nationaux en tant que moteurs du changement pour des sociétés plus inclusives et plus équitables. 

Collaborateurs : Matthew Wallace, spécialiste principal de programme, CRDI, avec Naser Faruqui, directeur de programme, IDRC