Une énergie propre et inclusive est donc essentielle à la résilience économique maintenant, pas plus tard.
Du choc énergétique à la résilience du développement
L’insécurité énergétique est un risque pour le développement
Les chocs énergétiques ne sont pas des perturbations temporaires – ils révèlent que la dépendance aux combustibles fossiles est un risque structurel pour le développement.
Les récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient, y compris les perturbations causées par le détroit d’Ormuz, ont renouvelé la volatilité des approvisionnements en pétrole et en gaz, avec des répercussions ressenties bien au-delà de la région.
Pour les pays importateurs d’énergie parmi les pays du Sud, cela se traduit rapidement par des prix plus élevés, une pression fiscale et une incertitude pour les entreprises et les ménages, ce qui fait de l’insécurité énergétique non seulement une préoccupation pour le climat ou la chaîne d’approvisionnement, mais une menace pour le développement durable.
De nombreux pays producteurs de pétrole restent fortement tributaires des recettes tirées des combustibles fossiles, malgré les données de plus en plus nombreuses provenant de recherches financées par le CRDI selon lesquelles les progrès nationaux devraient être évalués à l’aide de mesures qui vont au-delà du PIB. Bien que les prix élevés du pétrole et du gaz puissent générer des gains à court terme, ces avantages s’accompagnent souvent de risques à long terme, notamment des actifs inutilisés, de volatilité économique et de diversification retardée. Ces pressions aggravent les inégalités existantes, en particulier pour les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes.
Cela souligne l’importance d’investir dans des voies de développement plus résilientes, plus inclusives et plus durables.
Ensemble, ces dynamiques marquent un point d’inflexion : l’accélération du passage aux énergies renouvelables pour les pays importateurs et le besoin de diversification économique des pays exportateurs. Dans les deux cas, la dépendance aux combustibles fossiles affaiblit les fondements d’une croissance inclusive et durable.
La crise, une occasion de changement structurel
Le choc énergétique d’aujourd’hui offre une chance d’accélérer le changement structurel.
L’histoire montre que les perturbations peuvent ouvrir un espace pour une transformation politique, sociétale et économique. Les chocs pétroliers des années 1970 déclenchées par des tensions géopolitiques et des perturbations de l’approvisionnement ont incité certains pays, comme le Brésil, à poursuivre des stratégies délibérées de diversification énergétique qui ont refaçonné leurs trajectoires de développement.
Conception inclusive et durable, et non un ajout
Le financement climatique peut soutenir des transitions justes et inclusives, y compris la transition vers une énergie propre. Les données probantes issues de l’initiative « Énergies propres au service du développement : un appel à l’action » (CEDCA) montrent qu’il existe des solutions à la pauvreté énergétique, mais qu’elles ont du mal à être mises à l’échelle parce que les systèmes financiers des marchés émergents ne sont pas conçus pour servir les PME, les entreprises qui empruntent pour la première fois ou les futures entreprises à forte croissance.
Lorsque le financement n’est pas adapté aux contextes locaux et aux réalités du secteur, les transitions risquent de devenir instables et inéquitables. L’initiative CEDCA souligne la nécessité d’intégrer les principes d’inclusion et de durabilité dans la conception et la mise en œuvre de réformes fondées sur des données probantes. Les entreprises dirigées par des femmes et des jeunes, souvent marginalisées sur les marchés du crédit conventionnels, semblent bien placées pour promouvoir et diffuser des solutions d’énergie propre à la base. Pour réaliser ce potentiel, il faut aligner les produits financiers sur les contraintes spécifiques au contexte, telles que les garanties, les calendriers de remboursement et les normes sociales, tout en s’attaquant aux perceptions du risque qui sont fondées sur des préjugés. Les données probantes de cette initiative et de Développement international Desjardins montrent que les systèmes financiers négligent toujours les entrepreneuses et entrepreneurs sous-représentés, ce qui limite leur capacité à mettre à l’échelle des solutions d’énergie propre.
Financement de l’énergie propre aligné sur les résultats en matière de développement
Il est manifestement nécessaire d’aligner le financement de l’énergie propre sur des objectifs de développement plus larges. Lorsque le financement se concentre uniquement sur l’électricité à grande échelle ou sur des objectifs d’émissions à court terme, il peut manquer des occasions de renforcer les entreprises locales, de créer des emplois et de diversifier les économies.
Investir dans la façon dont l’énergie est utilisée, en particulier dans l’agriculture, la fabrication et les services, peut plutôt générer des revenus et renforcer la résilience économique.
Pour les bailleurs de fonds du développement et les décisionnaires politiques, trois priorités se dégagent :
- Le financement doit aller au-delà des infrastructures à grande échelle pour mieux atteindre les PME et les prestataires d’énergie locaux qui sous-tendent l’activité économique.
- L’inclusion, en particulier pour les femmes et les jeunes, doit être ancrée au cœur de la conception financière. Les recherches de l’initiative CEDCA suggèrent que l’intégration de l’inclusion peut améliorer les rendements, notamment grâce à des approches d’investissement sensibles au genre.
- Le financement de l’énergie propre devrait être explicitement lié à la compétitivité commerciale, à la productivité des entreprises et à la stabilité économique à long terme.
Les données probantes de l’UNU-INRA ont révélé que le principal obstacle à la mise à l’échelle des technologies agricoles vertes n’est pas le manque d’innovation, mais la reconnaissance limitée de ces modèles comme étant solvables, ce qui souligne la nécessité de cadres pratiques pour aider les institutions financières à mieux évaluer et à soutenir ces investissements.
Du choc aux voies de développement résilientes
La crise actuelle a renforcé les arguments en faveur des énergies renouvelables, mais, pour saisir ce moment, il faut placer le financement de l’énergie propre dans une stratégie de développement plus large, qui réduit l’exposition aux chocs externes tout en soutenant une croissance inclusive.
Les périodes d’instabilité peuvent soit renforcer les dépendances, soit entraîner une transformation durable. Les turbulences actuelles sur les marchés mondiaux de l’énergie indiquent que les voies de développement fondées sur les combustibles fossiles deviennent de plus en plus intenables. Les données probantes de l’initiative CEDCA montrent que des solutions de rechange existent. Le choix est maintenant de savoir s’il faut transformer cette perturbation en fondement d’un développement plus sûr, plus inclusif et plus durable.
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