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Faire en sorte que l’IA parle la langue de chaque personne : un engagement commun

Le CRDI rejoint une coalition qui s’engage à mener une intervention quinquennale en vue de combler le fossé linguistique en matière d’IA. La langue ne devrait pas constituer un obstacle à une IA responsable. Or, des milliards de personnes parlent des langues sous-représentées dans les modèles d’IA actuels, ce qui limite leur accès aux outils, aux informations et aux services susceptibles d’améliorer leur vie.
Photo d’archives montrant une femme travaillant devant plusieurs écrans.
iStock

Sous la direction de la Fondation Gates, des organismes issus de l’ensemble de l’écosystème mondial de l’IA ont annoncé un engagement commun visant à contribuer à combler l’un des écarts d’accès les plus importants en matière d’IA : faire en sorte que des milliards de personnes supplémentaires puissent accéder à une IA sûre, inclusive, respectueuse des droits, éthique et durable, et ce, dans les langues qu’elles parlent.

En tant que fervent défenseur de la recherche en matière d’IA responsable au service du développement, le CRDI collabore avec des spécialistes en IA issus de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire (PFR-PRI) afin de contribuer à combler ce fossé linguistique. Nous sommes fiers de nous joindre à ces personnes et organismes, ainsi qu’à la Fondation Gates, pour soutenir la déclaration suivante :

Faire en sorte que l’IA parle la langue de chaque personne : un engagement commun

Nous vivons actuellement l’expansion la plus rapide des capacités de l’histoire de l’humanité. L’intelligence artificielle est désormais capable de conseiller, de diagnostiquer, d’enseigner et de traduire à un niveau qui aurait semblé impossible il y a encore quelques années. Des milliards de personnes ne bénéficient toujours pas de cette révolution en matière d’intelligence artificielle. Dans l’ensemble des pays du Sud, les informations dont ont besoin les agricultrices et agriculteurs, le personnel enseignant, les élèves, les étudiantes et étudiants, ainsi que les professionnelles et professionnels de la santé existent déjà, mais elles ne leur parviennent souvent pas, car les outils qui les véhiculent ne parlent pas leurs langues. En conséquence, les connaissances essentielles ne peuvent ni entrer ni sortir d’un monde riche en diversité linguistique.

L’intelligence artificielle pourrait cependant changer la donne. Toutefois, encore aujourd’hui, les principaux modèles d’IA ne prennent en charge qu’un faible pourcentage des quelque 7 000 langues parlées dans le monde. L’IA doit fonctionner suffisamment bien pour permettre à toutes les personnes d’accomplir ce qui compte pour elles, quelle que soit la langue parlée. Les langues disposant de peu de ressources sont sous-représentées dans les données, les outils et les critères de référence utilisés pour développer et mettre à l’essai l’IA et les systèmes basés sur l’IA. En conséquence, les personnes qui parlent ces langues sous-représentées sont souvent mal servies par des systèmes qui peuvent être moins précis, moins utiles ou encore moins capables de comprendre comment ces personnes communiquent.

 Cela présente des risques, notamment celui d’une traduction inexacte du contenu et du contexte, ce qui pourrait entraîner des malentendus, de l’exclusion ou encore de mauvaises décisions qui en résultent.

L’obstacle n’est plus la technologie qui ne cessera de s’améliorer. Il s’agit d’une décision : celle de prendre en compte les langues du monde comme un socle commun sur lequel il vaut la peine de construire un monde meilleur, ensemble, pour toutes les personnes. Nous devons recueillir des données de qualité de manière responsable et avec le consentement des personnes concernées, mettre les données non propriétaires à la disposition de toutes les personnes chargées du développement des systèmes d’IA, établir des critères de référence et veiller à ce que les personnes qui créent des modèles les utilisent. Nous devons nous inscrire au sein des écosystèmes locaux et investir dans ces derniers, au moyen de l’appropriation locale, du renforcement des capacités et du soutien à la recherche locale, permettant ainsi aux communautés de prendre les rênes.

Rien de tout cela ne nécessite de percée technologique, même si la connectivité, la disponibilité de l’électricité et l’accès à des appareils à bas coût doivent également être pris en compte pour garantir que les progrès en matière de voix et de langage profitent à toutes les personnes qui pourraient en tirer parti.

Aucune entreprise, aucun pays, ni aucune fondation ne peut y parvenir seul. Cela nécessite la participation des laboratoires d’IA qui développent des modèles, des chercheuses et chercheurs qui maîtrisent ces langues, des organisations au service des communautés, ainsi que des gouvernements et des bailleurs de fonds disposés à investir dans un bien public.

Notre objectif commun

D’ici cinq ans, quelque 3,4 milliards de personnes parlant des langues actuellement sous-représentées dans les modèles d’IA d’aujourd’hui pourront utiliser des outils qui font appel à l’IA dans leur propre langue et avec leur propre voix. 

Par où commencer

Nous avons l’intention de constituer une coalition de partenaires unis par cet objectif commun. Les partenaires apporteront leur contribution de manières fondamentalement différentes. Certains créeront des ensembles ouverts de données, d’autres élaboreront des critères de référence et des tableaux de bord permettant de suivre les progrès, d’autres encore intégreront des données ouvertes dans des modèles, d’autres financeront les travaux, d’autres développeront et déploieront les applications, et d’autres transposeront les enseignements tirés d’une langue à une autre.

Nous invitons les organisations communautaires, les laboratoires, les chercheuses et chercheurs, les entreprises, les gouvernements et les bailleurs de fonds à se joindre à nous et à apporter leurs ressources et leur expertise respectives à ce projet. Au cours de l’année à venir, nous unirons nos forces pour accélérer la réalisation de ce qui suit :

1. La mise en place de la couche de langage ouverte : l’infrastructure commune et sécurisée de données à laquelle toute personne chargée du développement de systèmes d’IA peut avoir recours grâce à des licences ouvertes.

2. Le suivi honnête des progrès : des évaluations et des essais de référence mesurant les avancées réelles par rapport à l’objectif mondial.

3. La transformation des données linguistiques en outils opérationnels : des modèles et des applications utilisables par toute personne chargée du développement de systèmes d’IA, et non pas uniquement par celles qui disposent des ressources les plus importantes.

4. L’accès aux personnes en toute sécurité : guidés en permanence par des pratiques responsables qui protègent la vie privée, qui intègrent le consentement et qui respectent la souveraineté des données.

Nous continuerons à rendre compte de nos progrès à mesure que nous franchirons des étapes clés sur la voie menant à notre objectif.

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