Aller au contenu principal

Vision locale, impact mondial : Le Global Health Institute transforme des vies

Grâce au financement catalyseur du CRDI, le Global Health Institute transforme la vie des personnes déplacées et défavorisées à l’échelle mondiale.

Dans les camps de personnes réfugiées du Liban, les centres de santé desservent des centaines de patients et patientes chaque jour, dont beaucoup ont des besoins de santé aigus et chroniques. De nombreuses personnes réfugiées arrivent sans les dossiers médicaux, les radiographies, les renseignements sur les médicaments ou les résultats des tests nécessaires pour traiter les maladies chroniques. Certaines vivent avec le diabète, des blessures qui changent leur vie, des problèmes cardiaques, des troubles auto-immuns et d’autres maladies. D’autres ont besoin de services de santé reproductive, maternelle et infantile. 

Sans les antécédents médicaux, le personnel de santé est dans l’ignorance et la santé des populations déplacées est menacée. Comprenant le besoin de continuité des soins, le Global Health Institute (GHI) est intervenu pour combler cette lacune. Il a travaillé avec la société de logiciels de santé Epic pour créer Sijilli. Cette plateforme offre aux personnes syriennes et aux autres personnes déplacées un accès direct et sécurisé à leurs dossiers médicaux, peu importe où elles se trouvent dans le monde. Chaque personne reçoit une clé USB qui contient ses données de santé, qui sont également accessibles en toute sécurité dans le nuage pour les spécialistes de la santé partout. 

Solutions de santé holistiques et fondées sur des données probantes

Sijilli est l’un des nombreux exemples de la façon dont le GHI fait une différence dans la vie des populations défavorisées et déplacées au Liban et au-delà.Basé à l’Université américaine de Beyrouth (AUB) depuis 2017, l’Institut est le premier du genre au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN) – et l’un des rares à être basé dans les pays du Sud. Plutôt que de relever et de rechercher un problème, leurs équipes interdisciplinaires produisent conjointement des solutions pour résoudre les problèmes avec des connaissances locales et des nuances contextuelles. 

« Nous ne voulions pas être une entité universitaire classique qui ne fait que de la recherche. Nous rassemblons plutôt des universitaires, des personnes ayant une expérience vécue, des ingénieures et ingénieurs et du personnel de santé pour aborder les problèmes de santé qui touchent les populations réfugiées et déplacées », explique le Dr Shadi Saleh, directeur fondateur du GHI.

Media
Le personnel du Global Health Institute lors du récent lancement du Global Health Diplomacy and Security Program.
Ahmad Kamh / Postray
Le personnel du Global Health Institute lors du récent lancement du Global Health Diplomacy and Security Program.

De la vision à la réalité

Le Dr Saleh a d’abord fait part de sa vision d’un institut de santé mondiale dirigé par la région MOAN avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) en 2016. S’appuyant sur le soutien de longue date du CRDI à l’AUB pour la recherche en santé mondiale, la discussion a convergé vers la possibilité d’établir une plateforme interdisciplinaire pour relier les équipes de recherche, les responsables de l'élaboration des politiques, les gouvernements et les collectivités afin de relever des défis complexes en matière de santé mondiale. 

Le Liban et la région MOAN connaissent une volatilité économique, des chocs climatiques, des crises humanitaires et des conflits armés récurrents, ce qui met à rude épreuve les systèmes de santé moins performants – une réalité à laquelle la région est confrontée depuis des décennies. Il en a résulté des défis liés aux maladies émergentes, des déplacements de population, une pénurie de ressources humaines et financières et d’autres facteurs qui contribuent à de mauvais résultats en matière de santé. 

« À l’époque, la recherche et les travaux sur la santé mondiale n’ont pas réussi à favoriser les données probantes et les expériences provenant des pays du Sud, et de la région MOAN en particulier, ni à en tirer profit », a déclaré le Dr Saleh. « Beaucoup de problèmes mondiaux surviennent dans cette région. » 

Le CRDI a fourni un financement de démarrage catalytique de 1,7 million de dollars canadiens pour le lancement du GHI. Depuis lors, les programmes, les services et la recherche de l’Institut ont attiré des fonds supplémentaires pour soutenir la région MOAN pendant plusieurs vagues d’instabilité.  

Améliorer la vie des populations déplacées

Les conflits au Liban, en Syrie, en Cisjordanie, à Gaza et en Irak étaient un problème majeur lorsque le GHI a été créé. Alors que les tensions continuaient de monter, des membres de la population civile perdaient leur maison, étaient grièvement blessés et subissaient une pression extrême sur leur bienêtre mental. 

« Notre vision initiale était de nous concentrer sur les problèmes actuels : les personnes réfugiées et les conflits. L’un des premiers programmes que nous avons lancés, soit le Refugee and Migrant Health Program, répond aux besoins en matière de santé physique et mentale des personnes déplacées par les conflits », explique le Dr Saleh. « Plus nous travaillions sur le terrain, plus nous déterminions les besoins et nous élargissions nos programmes. » 

Ce travail a mené à la fondation du Conflict Medicine Program. Cette initiative révolutionnaire est la première du genre au sein d’un établissement universitaire civil à répondre aux besoins de santé liés aux conflits. Il rassemble des spécialistes de différents domaines afin de concevoir des solutions pour traiter et réhabiliter les membres de la population civile qui souffrent des effets physiques, psychologiques et sociaux complexes de la guerre. 

« Une bonne compréhension de la dynamique de la relation entre la guerre, les conflits politiques et la santé humaine est un préalable nécessaire à la création de systèmes capables d’accumuler de l’expérience sur le terrain et de la transformer en expertise au profit des personnes blessées et des malades », a déclaré le Dr Ghassan Abu-Sittah, directeur fondateur du Conflict Medicine Program. 

Les connaissances générées par ce travail aident à faire progresser les approches aux problèmes de santé liés aux conflits dans les situations humanitaires au-delà de la région. 

Alimenter le potentiel des personnes réfugiées grâce à l’éducation à la santé

L’Institut a reconnu le potentiel inexploité des personnes réfugiées à rentrer chez elles et à répondre aux besoins de santé de leurs communautés. Il a lancé la Mobile University for Health afin de former les personnes réfugiées en tant qu’agentes de santé communautaires à leur retour dans leur pays. 

Les personnes participantes obtiennent des certificats en santé des femmes, en santé mentale, en maladies non transmissibles et en prévention des infections, toutes des questions hautement prioritaires au sein de leur communauté d’origine. L’université crée des occasions pour les « générations perdues » de personnes réfugiées incapables d’accéder à l’éducation. 

L’investissement catalytique et la confiance renforcent l’impact dans les pays du Sud

Le Dr Saleh décrit le GHI comme le « maillon d’une chaîne » qui comble l’écart dans la qualité de vie des populations déplacées et vulnérables. Basé dans la région qu’il dessert, il produit et façonne des données probantes, des politiques et des pratiques. 

« La relation avec le CRDI est demeurée un véritable partenariat fondé sur le respect mutuel, plutôt qu'une simple relation entre bailleur de fonds et bénéficiaire. Nous considérons nos collègues du CRDI comme des cocréatrices et cocréateurs. Ils sont pour nous des partenaires de réflexion de confiance dans bon nombre de nos initiatives », a déclaré le Dr Saleh.  

Depuis qu’il a reçu le financement de démarrage initial du CRDI, le GHI a mobilisé près de 15 millions de dollars américains auprès d’autres partenaires financiers. Le CRDI a fourni un financement supplémentaire de 3,8 millions de dollars canadiens, qui a soutenu plusieurs autres projets transformateurs en santé mondiale. 

Media
Personnes participant à l’atelier du Refugee and Migrant Health Program du Global Health Institute.
Ahmad Kamh / Postray
Personnes participant à l’atelier du Refugee and Migrant Health Program du Global Health Institute.

GHI en chiffres

  • Plus de 90 pays touchés 
  • Plus de 100 membres du personnel, collaboratrices et collaborateurs et spécialistes 
  • Plus de 100 articles de recherche publiés 
  • Plus de 200 communautés touchées 
  • Plus de 3 000 apprenantes et apprenants de 70 pays à la Global Health Academy 

« Le Global Health Institute s’est avéré à la hauteur de ses aspirations et il s’est imposé comme chef de file en matière de solutions novatrices aux problèmes de santé mondiale qui ne cessent de s’aggraver, a déclaré le Dr Montasser Kamal, directeur de la Santé mondiale au CRDI. « Il conçoit et entretient ces solutions pour améliorer la vie des personnes au Liban, dans la région MOAN et audelà. Cela renforce non seulement un maillon essentiel de la chaîne, mais augmente la résilience de l’ensemble de la chaîne mondiale de la santé. » 

Dans les camps de personnes réfugiées et les communautés du Liban, le GHI aide à répondre aux besoins de santé complexes des populations déplacées. En donnant aux personnes réfugiées accès à leurs antécédents médicaux, en concevant des prothèses pour les personnes blessées dans les conflits, en renforçant la préparation aux futures épidémies et en formant les personnes réfugiées à répondre aux besoins de santé de leur communauté, l’impact du GHI est considérable. Son succès montre qu’investir dans des partenariats à long terme fondés sur la confiance permet aux institutions des pays du Sud de diriger localement et de créer des changements significatifs. 

Innover pour relever les nouveaux défis en matière de santé

Au fur et à mesure de son évolution, la portée du GHI s’est étendue au-delà des camps de personnes réfugiées et des populations à l’ensemble de la région MOAN. Très tôt, ils ont vu les promesses et les dangers que les outils de santé numérique, y compris l’intelligence artificielle (IA), peuvent apporter à la région. Le GHI a créé le programme E-Sahha afin de garantir que les innovations représentent les populations locales, répondent aux besoins urgents en matière de santé et placent l’équité entre les genres, l’inclusion et la protection des données et de la vie privée au cœur de l’amélioration de l’accès à des services de santé de qualité. L’Institut propose des solutions d’IA responsable pour la santé sexuelle, reproductive et maternelle et sert de pôle régional au sein du programme IASM-IAPD. 

Le GHI a mobilisé son expertise en matière de santé pour lancer une plateforme numérique afin d’aider la région MOAN à mieux se préparer aux épidémies et aux pandémies. Le programme Epidemic and Pandemic Preparedness Program comprend un outil de cartographie répertoriant les personnes et les organisations qui travaillent sur le sujet dans le monde arabe. Le programme encourage la collaboration, le renforcement des capacités et l’échange des connaissances entre les parties prenantes, tous essentiels au renforcement des communautés et des réseaux d’intervention résilients. 

L’Institut a également élargi ses travaux afin de relever les nouveaux défis en matière de santé. Le Climate Change and Health Program de l’Institut examine les répercussions disproportionnées des changements climatiques sur la santé du point de vue de la justice sociale, en accordant une attention particulière aux inégalités entre les genres et à d’autres formes de vulnérabilité. 

 

Crédit photo principal: Ahmad Kamh / Postray

Partagez cette page