De la vision à la réalité
Le Dr Saleh a d’abord fait part de sa vision d’un institut de santé mondiale dirigé par la région MOAN avec le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) en 2016. S’appuyant sur le soutien de longue date du CRDI à l’AUB pour la recherche en santé mondiale, la discussion a convergé vers la possibilité d’établir une plateforme interdisciplinaire pour relier les équipes de recherche, les responsables de l'élaboration des politiques, les gouvernements et les collectivités afin de relever des défis complexes en matière de santé mondiale.
Le Liban et la région MOAN connaissent une volatilité économique, des chocs climatiques, des crises humanitaires et des conflits armés récurrents, ce qui met à rude épreuve les systèmes de santé moins performants – une réalité à laquelle la région est confrontée depuis des décennies. Il en a résulté des défis liés aux maladies émergentes, des déplacements de population, une pénurie de ressources humaines et financières et d’autres facteurs qui contribuent à de mauvais résultats en matière de santé.
« À l’époque, la recherche et les travaux sur la santé mondiale n’ont pas réussi à favoriser les données probantes et les expériences provenant des pays du Sud, et de la région MOAN en particulier, ni à en tirer profit », a déclaré le Dr Saleh. « Beaucoup de problèmes mondiaux surviennent dans cette région. »
Le CRDI a fourni un financement de démarrage catalytique de 1,7 million de dollars canadiens pour le lancement du GHI. Depuis lors, les programmes, les services et la recherche de l’Institut ont attiré des fonds supplémentaires pour soutenir la région MOAN pendant plusieurs vagues d’instabilité.
Améliorer la vie des populations déplacées
Les conflits au Liban, en Syrie, en Cisjordanie, à Gaza et en Irak étaient un problème majeur lorsque le GHI a été créé. Alors que les tensions continuaient de monter, des membres de la population civile perdaient leur maison, étaient grièvement blessés et subissaient une pression extrême sur leur bien‑être mental.
« Notre vision initiale était de nous concentrer sur les problèmes actuels : les personnes réfugiées et les conflits. L’un des premiers programmes que nous avons lancés, soit le Refugee and Migrant Health Program, répond aux besoins en matière de santé physique et mentale des personnes déplacées par les conflits », explique le Dr Saleh. « Plus nous travaillions sur le terrain, plus nous déterminions les besoins et nous élargissions nos programmes. »
Ce travail a mené à la fondation du Conflict Medicine Program. Cette initiative révolutionnaire est la première du genre au sein d’un établissement universitaire civil à répondre aux besoins de santé liés aux conflits. Il rassemble des spécialistes de différents domaines afin de concevoir des solutions pour traiter et réhabiliter les membres de la population civile qui souffrent des effets physiques, psychologiques et sociaux complexes de la guerre.
« Une bonne compréhension de la dynamique de la relation entre la guerre, les conflits politiques et la santé humaine est un préalable nécessaire à la création de systèmes capables d’accumuler de l’expérience sur le terrain et de la transformer en expertise au profit des personnes blessées et des malades », a déclaré le Dr Ghassan Abu-Sittah, directeur fondateur du Conflict Medicine Program.
Les connaissances générées par ce travail aident à faire progresser les approches aux problèmes de santé liés aux conflits dans les situations humanitaires au-delà de la région.